Retour d’Haïti #3 : Au travail !

Petit moment de détente, avec Manmie, Pierre et Will, un bénévole américain chargé de suivre les projets à Lamardelle. Nous papotons autour d’un buffet bien garni accompagné d’eau filtrée bien fraîche et suivi d’un bon café. Pour les gourmands, il faut savoir qu’il n’y a pas de dessert à Haïti, mais nous avons eu tout de même droit le premier jour un gâteau de patates douces épicé et le dernier jour à une sorte de savarin bien bon.

Nous vidons, trions, rangeons les livres de la bibliothèque

Après le repas, pas de repos. Nous commençons par travailler à la bibliothèque sous la houlette de Catherine, en collaboration avec Florence, Maryse et maître Alex. Vaste programme ! Elle est remplie de cartons entassés. Dans les rayonnages des mètres de livres en anglais parmi des livres d’enfants, des dictionnaires et encyclopédies (vraiment utiles pour le coup !). …Nous vidons, trions les livres inutiles à l’école et ceux qui seront donnés à une association pour les remettre à des écoles plus nécessiteuses. L’après-midi ne suffira pas et dès le lendemain, la tâche se poursuivra.

Je visite ensuite les réserves de nourriture et de matériel destinées l’école. A part du riz il n’y a pas grand-chose.  Un généreux donateur américain finançait en 2011 l’envoi de containers de nourriture ce qui n’est plus le cas cette année. Une idée germe dans ma tête…

Retour à la choucoune. J’ai la surprise de voir arriver à vélo, avec une casquette vissée sur la tête, NOTRE miss Elourdes ! Elourdes est infirmière à la Fondation. Son rire, sa bonne humeur, sa joie de vivre me manquaient.

Lors du repas du soir, Florence nous présente les deux formateurs pour la cassaverie (je reviendrai sur ce projet un peu plus loin).  Nous en profitons pour échanger sur cette journée. Pierre, qui est médecin, a passé sa journée à la clinique. A 22h, je ne suis pas mécontente de retrouver ma chambre. Petite douche, produit anti moustiques et au lit !

Fin de cette première journée chargée en émotions.

31 janvier 2011

Réveil à 4h grâce au chant du coq et à la conversation animée des deux formateurs qui ont la chambre à côté de la mienne et qui sont des lève- tôt. J’essaie de me rendormir mais à 5h30, appel du CHU qui me propose un rendez-vous. OK, personne ne veut donc me laisser dormir, j’abandonne.

Après le petit déjeuner, je retourne avec Florence et Catherine à l’école à 8 heures précises et assiste pour la 1ère fois au lever du drapeau haïtien qui se pratique depuis toujours dans toutes les écoles du pays, tous les jours à la même heure[1]. Emouvant de voir ces enfants bien en rang, le bras levé et chantant l’hymne national haïtien. J’en ai des frissons !
Les enfants ensuite font une prière commune et rentrent en classe – toujours en rang et en chantant -, tandis que les plus petit se réunissent dans la cour autour de leurs professeurs pour des activités d’éveil.

A la garderie...

Qu’il fait bon et doux dans cette cour protégée du soleil par de grands arbres. S’il n’y avait pas la poussière du sol qui s’infiltre et se dépose partout, ce serait le rêve. Mais pas le temps de rêvasser, retour dans les classes pour les séances photos.
Je suis très heureuse de voir nos filleul(e)s.  Je pense à leurs parrains et marraines qui voudraient être à ma place. Je les câline pour mon plus grand bonheur.

Je profite de la matinée pour aller voir les tout-petits à la garderie. Balançoire, toboggan, jeux, chansons et tri du maïs et des haricots, les activités ne manquent pas.

Sur le mur sont affichés des tableaux avec les noms, prénoms, mois, jour et année de naissance des enfants. En haut, il est indiqué « bonne fête » et en dessous « Tableau d’anniversaire ».  Je comprends mieux pourquoi lorsque je lui avais adressé un mail pour lui souhaiter sa fête, Lucien m’avait répondu « ce n’est pas mon anniversaire ».

Juste à côté des enfants plus grands sont en cours de travaux manuels : dessins, peintures, « canevas »,…

Récréation du midi. Les plus grands jouent au foot, garçons comme filles. Les chemises sont tombées, les professeurs qui encadrent l’activité se prennent au jeu. Les parties sont « toniques » et chaque équipe est soutenue par sa classe et son professeur à grand renfort de cris, d’applaudissements et d’encouragements.  Et lorsque les perdants rejoignent leur classe c’est sous les moqueries de la classe gagnante. Un grand moment !!!

Je revois ma petite Chaïna qui me saute dans les bras. Bisous et câlins, je fonds de nouveau devant cette si mignonne petite puce qui repart toute fière en sautillant. J’aurai même droit  plus tard à une danse.

Les enfants vont manger et nous aussi. J’apprécie vraiment ces moments de calme et de convivialité, tous ensemble avec Manmie.

Après le repas retour à la bibliothèque. Catherine, Maryse et maître Alex travaillent dur,  même les enfants s’activent. La poussière me fait déclarer forfait et je pars visiter la clinique communautaire nouvellement inaugurée (voir article « La FEJ inaugure une clinique à Lamardelle ») et attenante à la maison de Manmie Lucienne. En plus de l’entrée sur la route destinée aux patients, une autre entrée donne dans le jardin de chez Manmie comme pour l’école. Cette clinique est financée pour 3 ans par l’ambassade du Japon ; la pharmacie quant à elle n’est alimentée que par des dons.
Le matin est consacré aux visites médicales des enfants de l’école et l’après midi aux consultations (la participation financière demandée est symbolique et permet à tous d’accéder aux soins). Je décide donc de revenir dès le lendemain matin pour assister à une visite médicale.

Forage du puits

Puis je me rends enfin au fond du jardin où, à l’opposé de la clinique, se trouve le chantier du puits que nous finançons dans le cadre du projet agrobusiness auquel nous participons. Après bien des déboires (pièce cassée, nouvelle pièce commandée en Allemagne,…), le forage a enfin repris et nous serons bientôt bercés tous les jours de la semaine par le « doux » bruit des machines… Je sens que mes réveils vont encore être très matinaux.

A peine plus loin, des champs de haricots, de semis et de nombreuses plantations dont des bananiers et des arbres fruitiers complètent le fabuleux paysage. Au loin nous voyons les montagnes. Haïti est un beau pays et nous sommes dans un endroit privilégié!

A suivre…


[1] Jean-Jacques Dessalines, général en chef des armées haïtiennes, rebelles à la France, conduit ses troupes à la victoire et, le 1er janvier 1804, la république d’Haïti est proclamée. Depuis, chaque matin dans les cours d’écoles, en hissant le drapeau bleu et rouge, les enfants chantent l’hymne national

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Comments
4 Responses to “Retour d’Haïti #3 : Au travail !”
  1. Raffaella dit :

    Merci à Danielle de nous faire partager ses journées à Haïti et merci à Sabine pour la « mise en forme »

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